vendredi 11 février 2011

[21septembre] VIDEO - 65 jours de grève de la faim a Bruxelles, capital de l'Europe!

VIDEO - 65 jours de grève de la faim a Bruxelles, capital de l'Europe!

 
 
Depuis 65 jours, vingt-cinq personnes observent une grève de la faim dans la rue des Chartreux. Pour certains, c'est la deuxième fois en deux ans qu'ils sont rendus à ce moyen pour obtenir l'attention des autorités belges. Depuis le début du processus de régularisation qui avait débuté suite à cette première grève en septembre 2009, ils sont demeurés dans le labyrinthe bien connu que l'administration réserve aux immigrés. Ils ont le droit de demeurer en Belgique sans celui d'y travailler légalement, en attendant que l'on décide de leur sort, selon des critères aussi provisoires que restreints.
 
Parmi ces critères, le fait d'être embauché serait parfois leur meilleure carte. Mais on leur interdit d'en faire usage, les renvoyant au travail non déclaré et à l'illégalité. Un (non)gouvernement qui pratique une telle politique peut-il prétendre être autre chose que l'instrument d'un certain patronat ? C'est au nom d'un parti qui se proclame humaniste que le ministre Melchior Wathelet menace maintenant ces grévistes piégés de leur retirer le droit provisoire qu'ils avaient conquis de pouvoir simplement demeurer en Belgique.
 
(Jeudi dernier Melchior Wathelet a décide, finalement, de retirer les cartes provisoires…)
 
Quelle poigne ! Cela méritait d'être salué !


 
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[21septembre] Avec le lien pour le télécharger c’est mieux…

Le nouveau carnet noir des centres fermés est arrivé ! (8)

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EDITO

« Intégrez-vous! » qu'ils nous disaient...

Je me rappelle que quand nous sommes arrivés en Belgique, il y avait des gens qui nous attendaient à l'aéroport, une maison avait été louée pour nous à Nivelles. Les mêmes personnes nous ont inscrits à l'école, pour que mes frères et moi apprenions le français. Ils ont accompagné mes parents dans toutes les démarches administratives ; en quelques mois, mes parents ont trouvé du travail et mon père a su acheter une maison pour sa famille...

Vingt ans après, l'accueil a beaucoup changé et la situation est devenue catastrophique. Aujourd'hui un réfugié, en principe protégé par la convention de Genève et méritant des droits à l'asile (logement et accompagnement social) est renvoyé avec comme seule alternative le froid de la rue pour dormir... Comment peut-on s'intégrer dans un pays quand les moyens mis en place sont devenus inexistants ?

 ... Et puis c'est quoi s'intégrer ??  Parler correctement la ou les langues ? Connaître les coutumes et les usages du pays « d'accueil » ? Savoir pourquoi, historiquement, ce pays est divisé en deux ?

 Il y a quelque temps, madame Annemie Turtelboom, ministre de l'immigration à l'époque,  avait défini une méthode pour reconnaître un bon étranger d'un mauvais : il fallait réunir des points (7) pour toucher le gros lot -avoir un enfant valait un point- ...non cumulable, évidemment ! A l'heure actuelle, cette dame est ministre de l'intérieur...

 Ils ont fini par se casser la gueule, le gouvernement je veux dire, …et pas qu'une seule fois. Depuis lors et à chaque nouvelle tentative, on nous sort encore et encore les mêmes phrases nauséabondes : « un bon étranger est celui qui est bien intégré ».

 Mon voisin fait partie de la troisième génération à être née ici, depuis que ces aïeuls sont arrivés. Il a la nationalité belge, il parle toutes les langues du pays, tous ses papiers sont en règle, mais il s'appelle Mohamed… Alors, à chaque fois que l'occasion se présente, on lui demande de s'intégrer... Très souvent, il me demande ce qu'il doit faire de plus…

Moi, j'habite dans un quartier « multiculturel », principe qui, selon Angela Merkel (chef de file en Allemagne du CDU, l'Union Chrétienne-Démocrate, parti fondé au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui provient de la même droite qui a soutenu le fascisme) ne serait plus efficace ; la diversité multiculturelle serait un échec.

Alors, que  répondre à mon voisin ? Attendre que le sang se mélange et que ses petits enfants viennent au monde la peau claire et les cheveux blonds ? Et comme ça il serait bien vu par les autochtones ?

D'ailleurs, les autochtones, pourquoi n'ont-ils pas les mêmes a priori envers tous les étrangers ? Par exemple, dans mon quartier, situé a quelques pas du parlement européen, il y a énormément d'étrangers, fonctionnaires des institutions européennes. Ceux-là n'ont pas l'air de se soucier de leur intégration à Bruxelles. Haaa, oui, j'avais oublié!  Ces étrangers-là ont des salaires entre 5 et 10 mille euros par mois, ils achètent des anciennes maisons de maître et font monter « le niveau de vie ».

A propos, depuis l'arrivée de l' « Union » à Bruxelles, ça ne sert à rien de chercher à louer dans mon quartier, si vous n'avez pas un salaire pareil. Les loyers qu'anciennement on trouvait pour 400 ou 500 euros coûtent le double aujourd'hui. Ce qui pousse les anciens habitants à partir...

...Emigrer et s'intégrer ailleurs, en quelque sorte...

 

Oscar Flores

 

 

 

 

 

 

 

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[21septembre] Le nouveau carnet noir des centres fermés est arrivé ! (8)

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Je me rappelle que quand nous sommes arrivés en Belgique, il y avait des gens qui nous attendaient à l'aéroport, une maison avait été louée pour nous à Nivelles. Les mêmes personnes nous ont inscrits à l'école, pour que mes frères et moi apprenions le français. Ils ont accompagné mes parents dans toutes les démarches administratives ; en quelques mois, mes parents ont trouvé du travail et mon père a su acheter une maison pour sa famille...

Vingt ans après, l'accueil a beaucoup changé et la situation est devenue catastrophique. Aujourd'hui un réfugié, en principe protégé par la convention de Genève et méritant des droits à l'asile (logement et accompagnement social) est renvoyé avec comme seule alternative le froid de la rue pour dormir... Comment peut-on s'intégrer dans un pays quand les moyens mis en place sont devenus inexistants ?

 ... Et puis c'est quoi s'intégrer ??  Parler correctement la ou les langues ? Connaître les coutumes et les usages du pays « d'accueil » ? Savoir pourquoi, historiquement, ce pays est divisé en deux ?

 Il y a quelque temps, madame Annemie Turtelboom, ministre de l'immigration à l'époque,  avait défini une méthode pour reconnaître un bon étranger d'un mauvais : il fallait réunir des points (7) pour toucher le gros lot -avoir un enfant valait un point- ...non cumulable, évidemment ! A l'heure actuelle, cette dame est ministre de l'intérieur...

 Ils ont fini par se casser la gueule, le gouvernement je veux dire, …et pas qu'une seule fois. Depuis lors et à chaque nouvelle tentative, on nous sort encore et encore les mêmes phrases nauséabondes : « un bon étranger est celui qui est bien intégré ».

 Mon voisin fait partie de la troisième génération à être née ici, depuis que ces aïeuls sont arrivés. Il a la nationalité belge, il parle toutes les langues du pays, tous ses papiers sont en règle, mais il s'appelle Mohamed… Alors, à chaque fois que l'occasion se présente, on lui demande de s'intégrer... Très souvent, il me demande ce qu'il doit faire de plus…

Moi, j'habite dans un quartier « multiculturel », principe qui, selon Angela Merkel (chef de file en Allemagne du CDU, l'Union Chrétienne-Démocrate, parti fondé au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui provient de la même droite qui a soutenu le fascisme) ne serait plus efficace ; la diversité multiculturelle serait un échec.

Alors, que  répondre à mon voisin ? Attendre que le sang se mélange et que ses petits enfants viennent au monde la peau claire et les cheveux blonds ? Et comme ça il serait bien vu par les autochtones ?

D'ailleurs, les autochtones, pourquoi n'ont-ils pas les mêmes a priori envers tous les étrangers ? Par exemple, dans mon quartier, situé a quelques pas du parlement européen, il y a énormément d'étrangers, fonctionnaires des institutions européennes. Ceux-là n'ont pas l'air de se soucier de leur intégration à Bruxelles. Haaa, oui, j'avais oublié!  Ces étrangers-là ont des salaires entre 5 et 10 mille euros par mois, ils achètent des anciennes maisons de maître et font monter « le niveau de vie ».

A propos, depuis l'arrivée de l' « Union » à Bruxelles, ça ne sert à rien de chercher à louer dans mon quartier, si vous n'avez pas un salaire pareil. Les loyers qu'anciennement on trouvait pour 400 ou 500 euros coûtent le double aujourd'hui. Ce qui pousse les anciens habitants à partir...

...Emigrer et s'intégrer ailleurs, en quelque sorte...

 

Oscar Flores

 

 

 

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mardi 1 février 2011

[21septembre] DANGER-DANGER!!! 26 pers. meurent dans l'indifférence générale!!!!

DANGER-DANGER!!! 26 pers. meurent dans l'indifférence générale!!!!

 
Envoyez cette lettre par fax ou par mail, signez la pétition en ligne, faites tourner un maximum ce message!!!
 
 
Pétition sur Internet a signé http://www.petitions24.net/chartreux,
 
 
Monsieur  Melchior Wathelet
Secrétaire d'Etat au Budget,
à la Politique de Migration et d'Asile.
Rue de la Loi 51 - 1040 Bruxelles
 
Fax: 02/790.57.99
 
 
Monsieur le Ministre,  
 
Je tiens à  vous faire part de mon indignation face à la manière dont vous traitez le dossier des demandeurs d'asile et personnes sans papiers. Parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui n'ont d'autre choix aujourd'hui que de commencer de nouvelles grèves de la faim ; comme à la rue des chartreux (1000 Bruxelles) où 26 personnes risquent leur vie, pour un peu de dignité, depuis plus de 55 jours maintenant.
 
Déjà en 2009, l'accord du gouvernement pour régulariser les sans papiers avait été géré de manière scandaleuse. Vous ne pouviez pas ignorer en effet le caractère illégal de l'instruction ministérielle que vous vous félicitiez d'avoir scellée après des mois de discussion. Tout naturellement, elle a été annulée par le Conseil d'Etat et s'est envolée avec elle toute certitude quant à réalisation des promesses faites. Combien des personnes ont pu, au final, retrouver des droits suite à ces promesses ? Nous ne le saurons probablement jamais. 
 
En revanche, le dimanche 12 décembre, nous avons assisté avec stupéfaction aux débats télévisés qui se sont déroulés sur RTL et la RTBF à propos de l'asile et de la crise de l'accueil en présence de représentants de chaque faction politique. Outre le fait que vous avez éludé la plupart des questions pertinentes soulevées par les experts et partis de centre gauche – supposément proches du CDH – pour vous concentrer sur le « débat » populiste et dégradant qui a occupé le temps d'antenne, nous avons été tout particulièrement choqués de constater la vigueur avec laquelle vous vous défendiez de ne pas être aussi ferme dans l'expulsion des étrangers en situation irrégulière que vos prédécesseurs – aile droite de la droite flamande.
 
L'humanisme auquel vous prétendez devrait pourtant vous pousser à rappeler au public le point de vue et la détresse absolue de la population concernée afin notamment d'éviter que ne se reproduisent incessamment des situations inhumaines telles que les grèves de la faim. 
 
Parmi les grévistes de la rue des Chartreux, beaucoup vivent en Belgique depuis plusieurs années et y ont tissé, tant bien que mal, des liens sociaux durables. Mais à défaut de se voir reconnaître une petite chance d'être acceptés dans notre pays, ceux-ci ont été chaque jour un peu plus livrés au désespoir de la clandestinité, à l'exploitation et à l'emprise des réseaux mafieux. 
 
En entamant la grève de la faim, ces personnes ont décidé qu'elles ne voulaient pas d'une telle vie et ont exprimé leur volonté indéfectible d'obtenir les droits que la société belge dit leur reconnaître en leur qualité d'être humain. Le refus de les entendre les mène à présent au stade ultime duquel ils ne pourront sortir, au mieux, qu'avec de profondes séquelles physiques et psychologiques. 
 
Ils sont allés tellement loin qu'il est tout à fait illusoire de croire qu'ils s'arrêteront maintenant. Attendrez-vous le décès de l'un d'entre eux pour vous pencher sur leur sort? Ou avons-nous raison de croire que le représentant du parti humaniste que vous êtes accèdera finalement à la compassion qu'ils méritent ?
 
Vous ne pouvez plus fermer les yeux sur l'état critique de ces sans papiers. Vous devez leur accorder un droit de séjour. 
J'espère que vous mettrez fin à cette situation insensée aussi vite que possible.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de toute ma considération.
 
Nom, prénom :


 


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samedi 29 janvier 2011

[21septembre] libération de Youssef

Bonjour à toutes et à tous,
 
Youssef F. qui était en grève la faim au centre fermé pour étrangers de Vottem depuis 22 jours a été libéré hier vendredi fin de journée. Il commence à se réalimenter petit à petit.
Merci à tous ceux qui ont protesté auprès du secrétaire d'Etat à la politique d'asile et d'immigration.
 
Et retenez déjà la date de la prochaine grande
marche/ manifestation de Liège à Vottem: dimanche  3 avril. Rendez-vous à 14 heures Place Saint-Lambert.
 
Pour le CRACPE,
France Arets
 
 

mardi 25 janvier 2011

[21septembre] communiqué: grève de la faim et isolement prolongé d'une personne détenue au centre fermé de Vottem

COLLECTIF DE RESISTANCE AUX CENTRES POUR ETRANGERS (C.R.A.C.P.E.)

B.P.246 Liège 2 4020 Liège

Permanence téléphonique: 04. 232 01 04 de lundi à vendredi 17H- 18H30.

Adresse e-mail : cracpe@skynet.be

 

Communiqué de presse 

 

Monsieur Youssef F., d'origine marocaine,  est détenu au centre fermé de Vottem depuis fin novembre. Il a été emmené une première fois à l'aéroport national en vue d'une expulsion vers le Maroc  le 6 janvier.

Il s'est opposé à cette expulsion. Monsieur F. avait introduit une demande de régularisation de séjour en Belgique dans le cadre de l'instruction de septembre 2009. Son dossier devait être complété par un contrat de travail. Malheureusement le contrôle d'identité  et la réponse négative qui ont  conduit à sa détention ont  eu lieu avant l'entretien d'embauche.

Le lendemain de cette première tentative d'expulsion, Youssef F. a entamé une grève de la faim afin d'obtenir sa libération et de pouvoir poursuivre les démarches pour régulariser son séjour. Au 19e jour de la grève de la faim ce mardi 25 janvier, sa vie et sa santé sont  en danger. Il  a perdu beaucoup de poids, est très affaibli, ne peut plus marcher et est déplacé en chaise roulante.

 

Ceci n'est pas la première grève de la faim au centre fermé de Vottem, mais ici nous sommes particulièrement interpellés par ce que nous considérons comme un mauvais traitement. Youssef a été placé en isolement le mercredi 12 janvier et y est resté depuis. La cellule d'isolement c'est un cachot, avec un matelas sur un socle en béton, des couvertures, pas d'oreiller, un  lavabo et un wc dans la cellule...

Selon la réglementation concernant les centres fermés pour étrangers, il existe deux types d'isolement. Le premier est un isolement disciplinaire, à titre de sanction, il est de 24h à 72h maximum avec accord de la Direction de l'Office des Etrangers, et ne peut être prolongé au-delà qu'avec l'accord du Ministre.

Le second est un isolement "au titre du maintien de l'ordre et de la sécurité", ce que l'on appelle aussi "régime différencié". Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements dégradants (CPT) a dénoncé dans son rapport de janvier 2010, suite à sa visite à Vottem en septembre-octobre 2009,  cette disposition imprécise, sans limites, et sans possibilité pour celui qui en est victime de contestation, de recours.

Voici l'extrait de ce rapport, page 30:

S'agissant du placement à l'isolement au titre du maintien de l'ordre et de la sécurité (qualifié autrefois de «régime différencié »), le directeur de l'établissement dispose d'un pouvoir discrétionnaire plus étendu que pour le placement à l'isolement disciplinaire. Sa durée n'est en effet pas limitée et aucune procédure stricte n'est prévue, ces questions ne seraient apparemment réglées que par des notes de service. Le recours à un isolement prolongé est un sujet de préoccupation particulière pour le CPT, compte tenu des éventuels risques d'abus. A cet égard, le Comité tient à rappeler qu'en cas d'application d'une mesure de placement à l'isolement pour raisons de sécurité, celle-ci doit s'accompagner de garanties effectives. L'intéressé doit notamment être informé des motifs de la mesure adoptée à son encontre, avoir la possibilité de faire valoir son point de vue sur la question avant l'imposition de la 'mesure, et pouvoir contester la mesure devant  une autorité appropriée. De plus, il convient que toute mesure d'isolement soit limitée dans le temps. Le CPT recommande que des mesures soient prises afin que ces principes soient incorporés dans l'arrêté royal susmentionné.

 

Comment peut-on tolérer que quelqu'un qui n'a commis aucun délit, si ce n'est de ne pas être en ordre de séjour, vive dans de telles conditions, au cachot,  coupé de contacts sociaux[1] la plupart du temps depuis maintenant 14 jours. En quoi Youssef F. met-il en danger la sécurité? Le but n'est-il pas plutôt de casser la résistance morale d'un gréviste de la faim? D'éviter la contagion de la grève  parmi d'autres personnes détenues?  

Le Secrétaire d'Etat à la politique d'asile et d'immigration, Melchior Wathelet,  est-il informé de telles pratiques? S'agit-il de  nouvelles directives émanant de l'Office des Etrangers appliquées dans les différents centres fermés pour étrangers ? Rappelons, nous qu'en novembre 2006, des membres du personnel de Vottem avaient eux-mêmes dénoncé auprès des médias (article de Michel Bouffioux) cette pratique de l'isolement prolongé.

 

Lorsque nous avons posé des questions à propos de cet isolement prolongé, il nous a été répondu qu'il s'agissait d'exercer une surveillance médicale du gréviste de la faim, et  qu'il ne s'agissait pas d'un isolement disciplinaire puisqu'il pouvait utiliser un téléphone et recevoir des visites, ce qui est effectivement le cas. Nous ne mettons d'ailleurs pas en cause le suivi médical, mais nous posons la question : pourquoi n'est-il pas dès lors dans l'aile médicale?

Nous considérons qu'il s'agit bien d'un régime de détention différencié et d'une sanction déguisée par rapport à la grève de la faim. Les recommandations du CPT, adressées au gouvernement fédéral, celui qui est toujours en place..., ne sont nullement suivies d'effet.

 

Par sa grève de la faim, Youssef F. a posé un choix, qui lui est personnel, lié à l'impossibilité du retour dans son pays d'origine. Il lui en coûte, une grève de la faim engendre beaucoup de  souffrances; l'isolement ajoute encore beaucoup à ces souffrances.

Nous demandons  l'avis du Secrétaire d'Etat et une discussion au Parlement sur de telles pratiques. Une question parlementaire sera posée à ce sujet par Eric Jadot, parlementaire Ecolo.

 

Nous voulons aussi faire savoir que l'état de santé de Youssef F. exclut toute tentative de rapatriement.

Enfin nous nous inquiétons des nombreuses opérations policières en cours, qui ressemblent fort à une traque des sans - papiers. Celle-ci s'intensifie au fil du temps, depuis l'automne 2010, après l'opération de régularisation concrétisée par le dépôt de dossiers entre le 15 septembre et le 15 décembre 2009.

 

 

Pour le CRACPE,

 

France Arets  



[1] Les personnes détenues à Vottem connaissent normalement le « régime » suivant : logement en dortoirs de 4 personnes, liberté de circuler dans l'aile prévue pour 40 personnes maximum (4 ailes), repas et activités diverses dans un espace commun, et sportives au préau

[21septembre] COMMUNIQUE DE PRESSE / 30 janvier Manif contre la politique d'immigration Belge

COMMUNIQUE DE PRESSE 
 
Bruxelles, le 22 janvier 2011
 
La politique migratoire belge a été placée sous les projecteurs en décembre passé, suite au scandale du manque de places pour accueillir les demandeurs d'asile, légalement tenus d'être pris en charge par l'Etat. Il est vrai que jusqu'aux grands froids du début de l'hiver, les médias traitaient plutôt de l'énième façon de former un gouvernement. La crise politique belge en a occulté d'autres, notamment celle de l'asile, (mal)heureusement replacée au centre des polémiques par cause de mauvais temps.
 
Comme il s'est agi de faire débat, on a tout entendu : qu'il s'agissait d'une crise de l'accueil, qu'on se trouvait face à une invasion -puisque les chiffres le prouvent bien- de personnes venant, entre autres, de pays d'Europe de l'est dont « la plupart (…) ne sont pas menacés ou en danger »  (Mme Galant, MR), qu'il était temps de revoir la politique de « retour » plutôt que celle de l'accueil. On a aussi applaudi les organismes prenant en charge les demandeurs d'asile vivant dans la rue, pour leur proposer un logement décent dans les casernes wallonnes.
 
Alors on s'est endormi tranquilles, parce que Noël approchant, les pauvres étrangers ne dormaient plus en rue sous des cartons, ou alignés sur leurs matelas, au vu de tous les navetteurs de la gare du Nord. Le gouvernement en affaires courantes, le Secrétaire d'Etat à la Politique de migration et d'asile, Mr Whatelet (CDh), avaient fait un geste. 
 
Et pourtant… Qui, depuis Noël, a entendu parler des grèves de la faim des Pakistanais ou des sans-papiers de la rue des Chartreux (26 personnes) ? Les premiers ont reçu des papiers au bout de 29 jours de grève, les autres ne mangent toujours pas (46 jours)… Qui se soucie des familles entières qui survivent dans des squats bruxellois au confort très limité, parfois sans chauffage et sans portes ? Qui a protesté contre l'expulsion de Toure Kemo, suivie d'une incarcération à la prison de St Gilles, car il se serait débattu contre ses gardiens lors de son transfert à l'aéroport ? Qui dénonce l'enfermement de demandeurs d'asile, de citoyens étrangers porteurs de visa en règle, en centres fermés ? Qui s'indigne encore de l'existence même des centres fermés, de leur utilisation abusive, de la durée de détention de plus en plus longue ? Qui raconte l'infantilisation, la perte de repères, l'humiliation, le régime carcéral, la perte d'identité, l'incitation au retour volontaire, les troubles psychologiques, la démence, … des centres fermés ?
 
Ceux qui ont vu le film <span>Illégal,</span> d'Olivier Masset-Depasse, se sont fait une idée.
 
Ceux qui se sont senti troublés par les images de ce film, ou de celles des reportages de décembre sur le quotidien des illégaux ou demandeurs d'asile ; ceux qui refusent d'adhérer à la politique migratoire belge telle que menée actuellement ; ceux qui veulent simplement apporter un peu de soutien aux détenus des centres fermés ; ceux-là sont invités à venir protester devant le 127bis ce dimanche 30 janvier.
 
En plus de notre présence protestataire, nous apporteront aux détenus des GSM et des cartes de téléphone pour leur assurer un contact avec l'extérieur (famille, amis, médecins, avocats, etc.). Car, depuis quelques mois, on a enfin octroyé le droit de parole aux détenus.  
 
« Le silence est l'expression la plus parfaite du mépris » (G.B. Shaw), alors faisons résonner nos voix contre la politique migratoire et offrons la parole aux détenus du 127 bis !
  
La CRER (Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation)
 


 


 

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jeudi 13 janvier 2011

[21septembre] Manifestation devant le centre fermé 127bis



 

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